Billets d'humeurs

Chasseur de hoax, un nouveau métier du web

Une rumeur court dans le landernau de la blogosphère : l’émission de hoax sur les réseaux sociaux serait devenue une activité lucrative. Ou, du moins, payante sur le plan politique : sans une diffusion massive d’articles mensongers, de chiffres truqués, le Brexit l’aurait-il emporté en Angleterre ?

Depuis la découverte de fausses informations diffusées lors de la campagne présidentielle américaine pour intoxiquer l’opinion publique, différents médias et  géants du web se concertent pour lancer des actions conjointes visant à limiter la circulation des hoax afin que l’élection présidentielle française ne soit pas polluée à son tour par de fausses rumeurs et des fakes lancés sur la toile. Une façon de reconnaître que les hoaxmakers et autre cyber-manipulateurs détiennent un énorme pouvoir de nuisance.

Opération infos propres

Un site « Crosscheck », supervisé par l’Agence France Presse, sera bientôt lancé pour court-circuiter les hoax, les photomontages et les fausses rumeurs. Facebook, accusé par beaucoup d’avoir servi de vecteur d’infos tronquées et truquées, d’être en somme un hoax paradise, lancera sa propre initiative pour contrer la désinformation. Histoire de se blanchir en lançant son Opération infos propres ? L’étiquette « Contesté par des Tiers » sera même apposée sur des post sujets à caution. Mais sous quels critères de vérifications ? Mystère…Dans l’univers du hoax et de l’anti-hoax, le flou artistique demeure et l’ombre maléfique de la Censure rôde. Ce qui est sûr, c’est que le métier de hoaxbuster va faire florès et devenir très lucratif pour les meilleurs d’entre eux. Car il est vital de couper l’herbe sous les pieds fourchus du Troll balançant son hoax.

« Calomniez, il en restera toujours quelque chose »

Tant il est vrai qu’en la matière il vaut mieux prévenir que guérir ! « Va ! Calomnie hardiment, il en restera toujours quelque chose. » écrivait Francis Bacon. Et Jacques Attali ne dit pas autre chose quand il déclare : « Dans un monde où l’information est une arme et où elle constitue même le code de la vie, la rumeur agit comme un virus, le pire de tous car il détruit les défenses immunitaires de sa victime.» Même étayée par les plus grands savants ou experts, la vérité a toujours le plus grand mal à étouffer une rumeur qui a pris racine dans l’opinion.

Le côté obscur de la farce

Du côté obscur de la Force, des geek sont payés par de mystérieux commanditaires pour inventer et diffuser de fausses informations. En l’absence de règles dans ce domaine, les pros du hoax, assurés d’une totale impunité sur le plan juridique, s’en donnent à cœur joie. Les lanceurs de rumeurs œuvrent dans l’ombre pour torpiller telle ou telle cible humaine, en agissant comme Trolls sur les réseaux sociaux ou bien en s’arrangeant pour que de fausses infos soient relayées par des internautes crédibles ou, fin du fin, par des journaux de la presse écrite.

Quand la presse écrite s’en mêle… les pinceaux !

Un exemple de manipulation de la presse qui ne manque pas de sel : dans un article de « La Dépêche du Midi », on a pu lire qu’une taxe sur les emails allait entrer en vigueur.  Sauf que ce n’était qu’une idée émise par un député européen, prise pour argent comptant par des internautes, et reprise par un journaliste. Du coup, cette rumeur adoubée par un journal sérieux a mis le feu à la Toile.

Habillage et  parasitage sont les deux mamelles du hoax

Revenons à la dernière élection présidentielle américaine. Avec un habillage crédible et une vraie habileté à caresser l’électorat dans le sens du poil, les lanceurs de fakes ont atteint leur cible : déformer la réalité aux yeux de l’électeur lambda.
Voici la technique bien rodée du hoaxmaker de base : l’accroche doit taper dans l’œil du surfeur, tout en restant crédible. Le contenu sera plausible, même s’il est énorme, car il ira dans le sens des croyances du plus grand nombre : « Tous pourris ! On nous trompe. On nous cache tout, on nous dit rien. Les pros de la politique nous enfument… Etc. »
Il se cache souvent derrière un post sérieux, distillant son venin à travers des commentaires ou derrière des tweets de personnalités très populaires repris et déformés. Son pouvoir de nuisance est d’autant plus redoutable qu’il instille le poison du mensonge ou de la vérité déformée dans l’esprit des internautes.

Hoaxbusters = chasseurs de primes ?

Alors… vous aussi, chers geeks, lancez-vous dans la chasse aux hoax, aidez Facebook à apposer son tampon « Pas crédible » sur des post douteux. Mais attention à la chasse aux sorcières ! Et surtout, ne soyez pas trop naïfs ! Si tel ou tel média ou obscure officine vous propose une somme d’argent contre des scalps de Trolls, ne tombez pas dans le panneau : c’est sans doute un fake.

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